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Boucle d’or
2020

Boucle d’or et les trois ours est un conte étrange : il manque à cette histoire quelques-unes des caractéristiques les plus importantes des contes de fées, car quand elle se termine, aucun conflit n’est résolu, et il n’y a ni réconfort, ni conclusion heureuse. Par ailleurs, nous sommes d’habitude enjoints à nous identifier au héros d’une histoire : ici, le personnage éponyme demeure trop ambigu pour le permettre, et les raisons de sa quête restent floues. Il en va de même pour le personnage du petit ours, qui ne peut pas véritablement faire office de héros, étant absent la majeure partie du récit.

Je souhaite soumettre le mythe de Boucle d’or et les trois ours aux interprétations de jeunes spectateurs dans le cadre d’une représentation interactive, en leur proposant d’en inventer et choisir les éléments modulaires ou manquants. Qui est Boucle d’or ? D’où vient-elle ? Pourquoi entre-t-elle chez les ours ? Quelles sont ses intentions ? Faut-il aimer Boucle d’or ? Quel est le message du conte ? Pourquoi les ours se sentent-ils envahis par une présence étrangère ? Comment Petit ours réagit-il à la casse de sa chaise ? Faut-il accueillir Boucle d’or, et comment ? Que peut-elle offrir en retour ? Doit-elle s’assimiler à la famille des ours ou rester telle qu’elle est ? Etcetera.

L’errance de Boucle d’or dans la forêt et la brutalité avec laquelle se résout le conflit de territoire que pose sa présence chez les ours questionne, me semble-t-il, la problématique de l’accueil d’une personne étrangère ou nomade dans un nouvel environnement. Les fins les plus communes du conte me semblent à cet égard peu satisfaisantes : elles consistent soit en une fuite de Boucle d’or apeurée et surprise par la vision des ours (la culture et les coutumes locales), soit en une chasse active des ours qui effrayent volontairement la petite fille (le renvoi des sans-papiers), voire qui la tuent.

Il s’agit ici de proposer aux spectateurs un dispositif, selon l’esthétique et les codes du jeu vidéo à choix multiples, qui comble les « lacunes » et les « manquements » de ce conte et qui aborde de manière ludique les questions de l’accueil, du vivre ensemble et de la migration, en offrant au public un espace de créativité très important.

Alain Borek

Mise en scène
Alain Borek

Avec
Alain Borek
Marion Chabloz
Baptiste Gilliéron

Dramaturgie
Delphine Abrecht

Musique
Christophe Gonet

Vidéo
Oliver Vuillamy

Lumière
David Perez 

Costumes
Scilla Illardo

Régie générale
Quentin Brichet

Aide à la conception
David Javet

Administration
Diane Dormet

Production
Le cabinet créatif

Production déléguée
Vidy-Lausanne

Co-production
Théâtre du Loup, Genève
Théâtre de l’Echandole, Yverdon